Comment les PDC peuvent-ils renforcer les capacités des femmes autochtones

Publié

9 août 2023

Table des matières

Vous souhaitez promouvoir la justice sociale, mais vous ne savez pas par où commencer? Cette étude sur les femmes autochtones universitaires donne quelques pistes aux PDC en ce sens.

Les PDC appelé·es à promouvoir la justice sociale peuvent commencer par comprendre en quoi ils favorisent et entravent les groupes marginalisés. L’étude de Joncas et Pilote explore ces deux possibilités dans les expériences [1] d’orientation des femmes autochtones inscrites dans une université québécoise.

La théorie économique d’Amartya Sen, l’approche par les capacités (AC), est à la base de l’étude. L’AC reconnaît que le fait d’avoir accès à la même ressource (p. ex. une école) n’est pas la même chose que d’être capable d’utiliser la ressource (p. ex. apprendre). Pour que l’équité soit réelle, il faut que tous les groupes puissent utiliser les ressources disponibles.

Les concepts clés de l’AC comprennent les « ressources », qui sont converties en accomplissements par le biais de « facteurs de conversion », dont il existe trois types

  • • personnels (p. ex. les caractéristiques individuelles, les compétences, la santé)
  • socioculturels (p. ex. les normes et les relations sociales)
  • environnementaux (p. ex. l’infrastructure, l’emplacement géographique et les conditions climatiques)

Les « capacités » désignent la possibilité réelle pour une personne d’agir d’une manière qu’elle juge souhaitable. Les « fonctionnements » décrivent les accomplissements de chaque personne, dont certaines deviendront des « ressources » (p. ex. un diplôme).

Prenons l’exemple d’un enfant qui entre à l’école (ressource). L’enfant bénéficiera de cette ressource sous certaines conditions (facteurs de conversion), telles qu’une attitude positive à l’égard de l’école (personnel), une grande exposition aux livres à la maison (socioculturel) et le fait d’habiter à proximité de l’école (environnemental). Ces facteurs de conversion positifs se traduisent par une véritable chance d’apprendre (capacités) et offrent la possibilité d’obtenir un diplôme (fonctionnements accomplis).

Joncas et Pilote, notant que l’AC ne tient pas compte des nombreuses complexités propres aux contextes des groupes marginalisés, ont ajouté l’« intersectionnalité » à leur réflexion. L’idée centrale de l’intersectionnalité est que les inégalités sociales sont mieux comprises en explorant les distinctions sociales à leur intersection (p. ex. la race et le sexe et la classe sociale plutôt que la race ou le sexe ou la classe sociale). Dans le cas des femmes autochtones, la perspective de l’intersectionnalité permet de reconnaître que la race, le sexe et d’autres facteurs sont combinés pour influencer les facteurs de conversion, les capacités et les fonctionnements accomplis.

Venons-en maintenant à l’étude : 19 participantes (âge moyen de 32 ans) s’identifiant comme femmes et autochtones et fréquentant l’une ou l’autre des deux universités de l’étude ont été interrogées. Environ deux tiers d’entre elles vivaient principalement dans des communautés autochtones, environ deux tiers avaient des enfants, la plupart étaient les premières personnes de leur famille à fréquenter un établissement d’enseignement supérieur, et la langue maternelle d’environ la moitié d’entre elles était une langue autochtone.

En considérant les services d’orientation comme des « facteurs de conversion environnementaux » (potentiellement positifs et négatifs), l’analyse a révélé que les services d’orientation étaient des facteurs de conversion environnementaux positifs pour les femmes autochtones en les aidant à :

  • s’informer sur des domaines qu’elles ne connaissaient peut-être pas
  • choisir des cours et des expériences bénéfiques
  • se sentir soutenues par une aide individuelle
  • utiliser les ressources disponibles (p. ex. l’annuaire des programmes)
  • élargir l’éventail des options qu’elles perçoivent comme étant à leur disposition
  • recevoir de l’encouragement.

L’analyse a également révélé que les services d’orientation peuvent constituer des facteurs de conversion environnementaux négatifs ou des obstacles pour les femmes autochtones :

  • en les plaçant dans des contextes inappropriés sans préparation (p. ex. dans des programmes de stage)
  • en décourageant leurs aspirations
  • en ne comprenant pas ou en ignorant leur perspective autochtone
  • en n’étant pas disponible lorsqu’elles en ont besoin.

Ces conclusions ne semblent peut-être pas révolutionnaires, mais il en ressort que les PDC peuvent entraîner des changements systémiques — ce qu’ils se sentent souvent incapables de faire —, en reconnaissant qu’ils font partie d’un système qui a besoin d’être modifié et qu’ils peuvent se comporter d’une manière qui aide ou entrave les groupes marginalisés.


[1] L’« orientation » est généralement offerte par des conseiller·ères d’orientation qui, au Québec, sont titulaires d’une maîtrise ou d’un diplôme supérieur et sont soumis·es à la réglementation de la province.

Étude/référence originale

Joncas, J.A., & Pilote, A. (2021). The role of guidance professionals in enhancing the capabilities of marginalized students: the case of indigenous women in Canada. International Journal for Educational and Vocational Guidance, 21, 405-427. https://doi.org/10.1007/s10775-021-09474-3

Mises en garde

Il s’agit d’une étude qualitative basée sur des entretiens avec un nombre très limité de participantes. La richesse de l’étude réside dans les exemples et les récits des femmes interrogées (dont aucun ne se prête à un résumé comme celui-ci).

Faits intéressants

L’approche par les capacités met l’accent sur la capacité des personnes à mener une vie à laquelle elles attachent de l’importance. Un peu comme le domaine du développement de carrière, n’est-ce pas? Son objectif global est le bien-être. Le nôtre aussi, n’est-ce pas? Cette approche évalue cependant le bien-être différemment des PDC. L’élément clé du bien-être dans l’AC est ce que les personnes sont réellement capables d’être (p. ex. être en bonne santé, être en sécurité) et de faire (p. ex. voyager, avoir des relations sociales). Ces concepts peuvent sembler assez abstraits, mais ils ont abouti à des résultats très concrets. Par exemple, l’indice de développement humain (IDH) du Programme des Nations unies pour le développement, un indice composite du développement d’un pays qui trouve son origine dans l’AC.

Soumission par la Communauté

Télécharger

Vos réflexions

Réponses

Plus de la bibliothèque

Commentaires

Plus de la bibliothèque

Centre d’expertise en développement de carrière

Code de conduite

Aidez-nous à maintenir un centre dans lequel tous les membres se plaisent en respectant le code de conduite.

Notre but

Merci de faire partie du Centre d’expertise en développement de carrière. Pour favoriser la meilleure expérience possible au sein de la communauté, nous avons établi quelques règles de base que chaque membre doit suivre. Ces règles de bonne conduite visent à créer un espace en ligne inclusif, sécuritaire et accueillant pour toutes et tous.

Règles du Centre

Soyez accueillant·es

Nous nous efforçons d’être un lieu qui accueille et soutient les personnes de toutes origines et identités. Nous souhaitons être un endroit qui promeut l’excellence et l’innovation en développement de carrière et de la main-d’œuvre. Faites preuve de respect envers tous les membres ; nous provenons toutes et tous de divers horizons et avons des niveaux de connaissances différents. Aucune question n’est stupide!

Faites preuve de respect

Nous ne pouvons pas toujours être d’accord. Lorsque nous sommes en désaccord, ne laissons pas ces divergences d’opinions se transformer en attaques personnelles. Un lieu où les membres se sentent mal à l’aise ou menacés ne sera pas efficace. Lors de vos discussions en ligne avec des membres de la communauté, par exemple lorsque vous commentez un article ou que vous participez à d’autres activités du Centre, efforcez-vous d’entretenir des dialogues constructifs autour du contenu présenté sans critiquer les individus. Tout commentaire considéré comme haineux à l’égard d’une personne ou d’un groupe sera supprimé. De plus, le compte de la personne qui l’a publié pourra être bloqué pendant la durée de l’enquête. Cette personne pourra recevoir un avertissement écrit ou être retirée de la plateforme du CEDC, selon les résultats de l’enquête.

Un discours haineux peut prendre plusieurs formes. Il peut notamment inclure :

  • Des menaces ou des propos violents à l’encontre d’une autre personne;
  • De la dérision, des propos et des contenus discriminatoires;
  • Des propos injurieux et de la diffamation;
  • Des profanations et tout contenu illicite;
  • De l’incitation à la haine ou des encouragements envers l’un des comportements énumérés précédemment.

La règle d’or : ne publiez jamais de contenu que vous ne voudriez pas que le monde entier voie ou sache qu’il provient de vous. Nous vous demandons de garder en tête le but du Centre : encourager l’excellence et l’innovation dans le développement des carrières et le perfectionnement de la main-d’œuvre auprès des membres.

Prenez en compte le but poursuivi par le Centre

Le Centre canalise son énergie vers la poursuite de l’excellence et de l’innovation en développement de carrière et du perfectionnement de la main-d’œuvre. L’objectif de cette communauté d’apprentissage social est de discuter ensemble des buts et des défis, d’émettre des commentaires constructifs et de poser des questions liées au développement de carrière et du perfectionnement de la main-d’œuvre. Le Centre doit être un lieu d’apprentissage, de formation professionnelle continue et de discussion sur l’avenir de notre carrière. La sollicitation sans le consentement écrit de l’équipe de projet ou de l’équipe consultative est strictement interdite. Tout message ou commentaire considéré comme de la sollicitation envers une personne ou un groupe sera supprimé. De plus, le compte de la personne qui l’a publié pourra être bloqué pendant la durée de l’enquête. Cette personne peut recevoir un avertissement écrit ou être retirée de la plateforme du CEDC, selon les résultats de l’enquête.

Publiez votre contenu là où il convient

En particulier au sein de la communauté d’apprentissage social, efforcez-vous de publier votre contenu dans le groupe le plus pertinent ou en regard du sujet le plus approprié. On évite ainsi de surcharger le fil d’actualité de la plateforme et l’on permet aux membres de trouver plus facilement les informations qu’ils recherchent. Les personnes qui publient plusieurs fois du contenu sans égard au sujet ou au groupe de destination seront notifiées par l’une des personnes administrant le groupe.

Confidentialité et divulgation de l’information

Aucun renseignement personnel ne sera divulgué par le CEDC.

Merci et bienvenue au CEDC!