À la fin des études secondaires, la société impose aux adolescent·es d’anticiper leur avenir en faisant un choix de carrière. Comme nous pouvons probablement tous et toutes nous en souvenir, cette période charnière est susceptible de générer de l’anxiété chez les jeunes.
Dans leur étude, Dupuis et Saussez présentent les résultats d’une intervention en counseling de groupe pour des adolescent·es qui ont indiqué vivre de l’anxiété par rapport à leur choix de carrière. L’équipe de recherche a choisi deux théories complémentaires pour analyser l’impact des interventions de groupe sur les participant·es : l’approche de la psychologie historique du développement culturel et l’approche des parcours d’apprentissage.
- La psychologie historique du développement culturel a été élaborée par Vygotski. Selon cette théorie, le développement psychologique est propre à un contexte historique particulier : l’environnement a donc une grande influence sur le développement. Par leurs relations avec les autres, les individus acquièrent différents outils pour mieux comprendre et gérer les événements de la vie courante.
- L’approche des parcours d’apprentissage est davantage axée sur la contribution de l’individu à son développement. Elle met en lumière l’importance du temps qui passe et des différentes dimensions de la vie d’un individu dans son développement psychologique. Cette approche vient donc compléter l’approche de Vygotski qui, selon les auteur·ices, ne prend suffisamment pas en considération l’influence de la trajectoire de vie personnelle dans les processus d’apprentissage.
Dupuis et Saussez ont mené leur enquête sur le programme HORS-PISTE, un programme de counseling de carrière groupal spécialement conçu pour réduire l’anxiété chez les élèves de secondaire 4 et 5. S’inspirant des deux théories choisies, ils ont porté une attention particulière au contexte social et au parcours de vie des 19 participantes de l’étude, recrutées sur une base volontaire. Six rencontres de 120 minutes ont été animées par des PDC, en groupes de 6 ou 7 personnes. Les parcours de trois participantes ont ensuite été décrits plus en détails dans l’article pour présenter les résultats de l’impact du counseling de groupe sur les processus de développement et d’apprentissage. Ces trois parcours ont été sélectionnés, car leur processus d’apprentissage se démarre et se conclut à des endroits très différents, ce qui met en lumière la diversité des contributions que peut apporter le groupe en tant qu’outil.
L’analyse des résultats a montré que les rencontres de groupe favorisent le développement de nouvelles capacités à agir, capacités qui se sont d’ailleurs maintenu trois mois après la fin de l’intervention. Les rencontres de groupe ont aussi permis aux participantes de prendre un temps d’arrêt pour réfléchir aux émotions vécues concernant leur choix de carrière. Le programme de groupe a également favorisé la prise de conscience des processus sociaux et subjectifs qui affectent la situation de choix de carrière chez les participantes. Les deux théories sur lesquelles l’analyse repose, soit la psychologie historique du développement culturel et l’approche des parcours d’apprentissage, ont donc permis de comprendre comment le groupe crée un environnement propice au cheminement personnel. L’intervention de groupe avait pour but d’aider les jeunes à maîtriser leur anxiété au lieu de simplement s’y adapter. En travaillant ensemble, les jeunes ont renforcé leurs compétences grâce au soutien mutuel. Ce type d’intervention peut être une option intéressante à envisager pour les PDC qui travaillent avec une jeune clientèle qui vit de l’anxiété.
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