La réalité des personnes marginalisées est affectée de façon négative par les injustices sociales et les différents systèmes d’oppression. Une remise en question des pratiques de relation d’aide qui produisent, maintiennent et exacerbent ces inégalités sociales s’impose. Les PDC ont d’ailleurs un rôle à jouer en faveur de la justice sociale.
Cet article fait le portrait des obstacles que peut rencontrer la clientèle marginalisée dans les services liés à la relation d’aide. Langlois et Villotti utilisent l’intersectionnalité comme cadre d’analyse pour comprendre l’impact simultané de plusieurs formes d’oppression sur l’accès aux services.
Les autrices ont effectué une recherche documentaire sur les défis auxquels sont confrontées les populations marginalisées en ce qui a trait à l’inclusivité des services dans les cinq dernières années. Une analyse plus approfondie des 13 articles sélectionnées par les autrices a révélé que différents systèmes d’oppression affectent l’accès et le caractère inclusif des services sociaux, dont :
- Le capacitisme, soit la discrimination à l’égard des personnes en situation de handicap (dont souffrent particulièrement, selon les articles étudiés, les adultes avec un trouble du spectre de l’autisme (TSA) sans déficience intellectuelle);
- Le capitalisme et le classisme, soit la discrimination basée sur la classe économique (dont souffrent particulièrement les personnes en situation d’itinérance ou appartenant à la classe ouvrière);
- Le racisme (dont souffrent particulièrement les personnes noires, majoritairement des femmes);
- L’hétérosexisme, l’hétéronormativité, l’homophobie et l’âgisme (dont souffrent particulièrement les personnes dont l’orientation sexuelle n’est pas hétérosexuelle ou s’identifiant à une minorité sexuelle) ;
- Le cissexisme, la transphobie et l’enbyphobie, soit la discrimination et la peur des personnes transgenres et non binaires et de leurs comportements (dont souffrent particulièrement les personnes avec une identité ou expression de genre ne correspondant pas à la norme cisgenre).
Les personnes qui s’identifient à ces groupes marginalisés témoignent de nombreuses difficultés qui réduisent l’inclusivité des services d’aide. Parmi les barrières les plus importantes, on note le manque de respect, les abus verbaux et le refus d’adapter les services aux réalités de la clientèle marginalisée. Ces pratiques témoignent d’un manque de sensibilité de certain·es professionnel·les de la relation d’aide, menant à la reproduction de formes d’oppression.
Un autre obstacle mentionné concerne la façon d’adresser les individus ayant une identité marginalisée. Certaines personnes intervenantes vont sous-estimer les différences identitaires en évitant d’en parler à leur clientèle. Au contraire, d’autres vont mettre l’accent sur celles-ci de façon excessive, ce qui peut engendrer une peur de la stigmatisation, une perte de confiance et une méfiance de la clientèle envers les services d’aide.
L’étude rappelle qu’il est important que les personnes professionnelles de la relation d’aide soient sensibilisées à ces obstacles pour y trouver activement une solution. Une piste de solution est d’encourager l’élaboration de pratiques d’intervention respectueuses de la diversité, telles que les pratiques anti-oppressives et les modèles de counseling qui tiennent compte de la subjectivité de l’expérience humaine. Dans leur quête d’une plus grande justice sociale, les PDC sont encouragés à adopter une approche intersectionnelle afin de prendre conscience de leur propre position sociale et de mieux comprendre les enjeux que traversent leurs client·es.
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