Qu’on soit en emploi ou en recherche d’emploi, il est utile de connaître les enjeux relatifs à l’équité salariale et les recours possibles pour obtenir de justes conditions de travail. Les PDC peuvent soutenir leur clientèle en l’aidant à négocier une rémunération équitable, mais aussi en guidant les employeurs à mettre en place des conditions de travail non discriminatoires.
Depuis plus de 40 ans, l’équité salariale est garantie par les lois canadiennes. Pourtant, un écart persiste entre le revenu des hommes et des femmes. Qui plus est, une étude de 2001 démontrait que l’écart salarial entre les hommes et les femmes ne s’expliquerait pas par le sexe – ni pas la scolarité, l’âge ou le secteur d’emploi. Alors, comment expliquer cet écart? C’est la question à laquelle veulent répondre Girard, Laflamme et Tremblay à partir des données du recensement canadien de 2016.
Le groupe de recherche a d’abord compilé le revenu annuel de plus de 498 044 personnes (242 523 femmes et 255 521 hommes). Il a été constaté que les femmes gagnent 67,6 % du salaire des hommes. Bien que les salaires des hommes et des femmes augmentent avec l’âge et le niveau d’éducation, celui des femmes est toujours plus faible pour une même catégorie. Cependant, les hommes à temps partiel gagnent un peu moins que les femmes dans cette même situation d’emploi, mais la différence n’atteint pas 2000 dollars par année.
Afin de pousser leur analyse, le groupe de recherche a analysé les différences de salaires selon les tranches de revenu. Selon les données, les femmes sont plus nombreuses à gagner moins de 50 000 $ par année et que le salaire maximal des femmes (414 316 $) est le tiers du salaire maximal des hommes (1 236 606 $). Ces chiffres mettent en lumière que l’équité salariale n’est pas atteinte, et ce, malgré les mesures mises en place par le gouvernement depuis les années 1960.
Des analyses ont ensuite été effectuées sur les moyennes de 2016 pour savoir quel facteur (le sexe, l’âge, le niveau de scolarité, le secteur d’emploi ou le type d’emploi) influençait le plus la variation du revenu. Le constat est le même qu’en 2001 : le sexe est le facteur qui explique le moins la différence de revenu entre les genres. Selon l’article, cela est dû au fait que la notion d’« homme » et de « femme » est devenue de plus en plus complexe à réduire à une simple catégorie. En effet, de nos jours, chaque genre peut être exprimé de diverses façons, ce qui fait en sorte que les groupes « femmes » et « hommes » sont moins homogènes qu’autrefois. Aujourd’hui, les femmes ont davantage accès à l’éducation, peuvent travailler dans des domaines variés et ont une autonomie relative en lien avec la planification des naissances : mais elles souffrent encore d’iniquité salariale. Pourquoi? L’étude conclut que le système en lui-même ne permet pas d’atteindre l’équité salariale par la persistance d’un sexisme institutionnel. En effet, les mesures mises en place pour atteindre l’équité salariale ne sont pas efficaces, car elles reposent sur l’idée que la femme en situation d’iniquité salariale doit elle-même porter plainte, nécessitant une prise de conscience de la situation et une capacité à la dénoncer. Dans ce contexte, il est important que notre secteur continue d’appuyer l’égalité de rémunération par le partage de savoirs, l’accompagnement des travailleur·ses et l’éducation des employeurs.
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