L’épuisement professionnel n’est pas seulement un enjeu en milieu de travail; il peut aussi affecter les étudiant·es pendant leurs études et lorsqu’ils tentent de choisir une carrière. Celles et ceux qui n’arrivent pas à faire un tel choix (ce qu’on appelle l’indécision vocationnelle) peuvent se sentir dépassés et éprouver des problèmes de santé mentale, dont l’épuisement professionnel.
Gallant & LeBreton ont interrogé 318 étudiant·es de premier cycle (239 femmes et 79 hommes) âgés de 18 à 25 ans afin de mieux comprendre la relation entre l’indécision professionnelle, l’épuisement professionnel et la flexibilité psychologique (qui aide les gens à prendre des décisions et à faire face à l’incertitude). La recherche avait pour but de tester deux hypothèses :
- Plus les étudiant·es universitaires sont indécis sur le plan voca¬tionnel, plus ils sont épuisés professionnellement dans le cadre de leurs études;
- La flexibilité psy¬chologique agit comme un intermédiaire dans la relation entre l’indécision vocationnelle et l’épuisement professionnel.
An online survey was designed on SurveyMonkey using various scientifically validated questionnaires to measure vocational indecision, burnout and psychological flexibility.
Après différentes analyses statistiques, les autrices ont confirmé leurs deux hypothèses de recherche. D’une part, plus une personne étudiante est indécise quant à son choix de carrière, plus elle sera portée à être épuisée sur le plan scolaire. Sans grande surprise, l’indécision face au choix de carrière est plus élevée chez les étudiant·es des programmes de formation générale (qui ne mènent pas directement à un métier spécifique, comme histoire ou sociologie) que chez celles et ceux qui suivent un programme de formation universitaire professionnelle (qui mène directement à une profession, comme enseignement, sciences infirmières ou ingénierie).
D’autre part, cette relation entre l’indéci¬sion vocationnelle et l’épuisement professionnel passe partiellement par l’entremise de la flexibilité psychologique. Ainsi, un individu doté d’une bonne flexibilité psychologique serait plus apte à prendre des décisions et moins enclin à vivre l’épuisement professionnel.
Pour aider les étudiant·es à s’adapter à de nouvelles circonstances et à prendre des décisions de carrière éclairées sans se sentir envahis par l’incertitude, il est important de développer leur capacité d’adaptation mentale. Selon les autrices, l’un des moyens d’y parvenir est via l’approche de l’acceptation et de l’engagement (ACT), un type de thérapie qui met l’accent sur l’acceptation de ses pensées et de ses sentiments. Cette approche peut donc être utile pour les PDC qui travaillent en milieu scolaire et pourrait potentiellement réduire le risque de problèmes de santé mentale (comme l’anxiété, la dépression et l’épuisement professionnel) qui sont associés à l’inflexibilité.
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