La communication interculturelle est une compétence essentielle pour les PDC, en particulier dans des pays comme le Canada et les États-Unis qui accueillent une grande population immigrante. Lertora, Starkey et Croffie ont analysé, à travers une revue de la littérature, la perception des étudiantes et étudiants étrangers quant à leur expérience dans les établissements d’enseignement aux États-Unis. Lertora et ses collègues ont également discuté avec des personnes conseillères de leur travail auprès de la population étudiante internationale. Ces conversations informelles ont souligné la nature plus individualiste des PDC américains, qui ont indiqué s’inquiéter de la proximité de ces jeunes avec leur famille et considérer que ceux-ci devraient faire preuve de plus d’indépendance. Selon ces PDC, l’indépendance est plus importante que l’appartenance à un groupe.
Dans une société individualiste, demander conseil à un parent ou à des proches peut sembler immature pour un ou une PDC. Cependant, pour une personne provenant d’une société collectiviste, il est tout à fait logique de baser ses décisions sur la sagesse du groupe. L’équipe de recherche a utilisé la théorie de la culture relationnelle comme cadre pour examiner l’indépendance sous un autre angle. Cette théorie est basée sur des concepts issus du counseling féministe des années 1970 et soutient que les personnes se développent par le biais des relations et en fonction des relations. Le développement est axé sur la mutualité plutôt que sur l’individualisme : le fait d’être indépendant·e et d’avoir des limites fermes est alors considéré comme un signe d’arrêt du développement.
L’étude a démontré que l’inclusion d’aspects relationnels (par exemple, la consultation d’une personne aînée) lors de la planification et de la prise de décision permet de mieux répondre aux besoins de ces jeunes. Lertora et ses collègues pensent (mais ne l’ont pas vérifié) que la théorie de la culture relationnelle pourrait aider les PDC à envisager l’implication des proches comme un signe de croissance et de développement sains, plutôt que comme un signe de proximité malsaine.
Deux études de cas, l’une portant sur un étudiant sud-coréen qui se présente à une séance d’orientation avec sa tante (virtuellement) et l’autre illustrant les aspects considérés par un étudiant colombien qui s’interroge un éventuel changement de programme, démontrent comment les services de développement de carrière peuvent s’adapter aux besoins de ces jeunes issus de cultures axées sur la collectivité. Lertora et ses collègues proposent plusieurs recommandations pour les PDC, notamment
- • Tenir compte du fait que les contributions familiales peuvent être un atout dans la prise de décision de l’étudiant·e.
- • Demander si la personne étudiante prévoit rester au Canada après avoir obtenu son diplôme, car le programme qu’elle suit pourrait influencer ce qu’elle peut faire et la durée de son séjour au pays après l’obtention de son diplôme.
- Créer un aide-mémoire qui explique le rôle des PDC dans les langues les plus parlées par la population étudiante internationale.
- • Se présenter de manière plus personnelle en mentionnant notamment ses origines culturelles et géographiques.
- Leur poser des questions sur leur famille et sur le rôle qu’ils pensent qu’elle aura dans leur choix de carrière.
- Organiser plusieurs rencontres pour que les jeunes aient la possibilité de consulter les membres de leur famille entre-temps.
En bref, l’équipe de recherche demande aux PDC d’identifier et de combattre leurs suppositions et leurs préjugés, dans le but d’améliorer leur pratique.
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