Préambule de la série
Cette série de résumés, en l’honneur de la Semaine nationale de la vérité et de la réconciliation, passe en revue les progrès de la réconciliation du point de vue très limité des préoccupations relatives au travail : l’emploi, le revenu, l’éducation et la formation (pour plus d’explications, consulter le numéro 1 de la série [cliquez ici]).
Emploi à temps plein chez les femmes autochtones et non autochtones
Ce résumé met en évidence certains renseignements sur l’état actuel de l’emploi et du revenu chez les femmes autochtones du Canada et sur son évolution au cours des dernières années. Les appels à l’action ont été publiés en 2015; ont-ils eu un impact?
Contrairement aux résumés précédents de cette série, qui consistaient à évaluer l’évolution des conditions de travail des Autochtones à partir des données de Statistique Canada, le présent résumé se fonde sur un rapport intitulé Regards sur la société canadienne et rédigé par Marie Drolet de Statistique Canada. Dans son rapport, Marie Drolet analyse l’évolution de l’emploi à temps plein chez les femmes entre 2007 et 2020 dans trois populations principales : les femmes autochtones1, les femmes non autochtones nées au Canada et les femmes immigrantes. Ce résumé se concentre sur la comparaison des deux premières populations : les femmes autochtones et les femmes non autochtones (nées au Canada). Sauf indication contraire, le terme « personne non autochtone » désigne les personnes non autochtones nées au Canada.
Emploi à temps plein. En 2007, 65 % des femmes âgées de 20 à 54 ans travaillaient à temps plein, contre 68 % en 2021. Cette même année, 70 % des femmes non autochtones étaient employées à temps plein, contre 59 % des femmes autochtones. L’écart entre les taux d’emploi à temps plein des femmes autochtones et non autochtones n’a pas changé entre 2007 et 2021; il est resté à environ 12 points de pourcentage2.
Éducation. En 2021, les femmes autochtones titulaires d’un diplôme universitaire avaient les mêmes chances d’emploi que les femmes non autochtones. Fait notable : il y a très peu de domaines liés à l’emploi, au revenu ou à l’éducation dans lesquels les taux de la population autochtone sont équivalents à ceux de la population non autochtone.
Écart entre les hommes et les femmes. Les taux d’emploi des femmes non autochtones augmentent depuis 2007 (+ 4 points) alors que ceux des hommes diminuent (- 2 points de pourcentage) : l’écart entre les hommes et les femmes s’est donc réduit de 6 points de pourcentage.
Les taux associés à la population autochtone ont présenté à peu près les mêmes changements, mais pour des raisons différentes. L’augmentation du taux d’emploi à temps plein des femmes non autochtones est à moitié attribuable à la hausse des taux d’activité (notamment, à l’augmentation du nombre de femmes à la recherche d’un emploi) et à la diminution de l’offre d’emploi à temps partiel. Pour les femmes autochtones, cependant, l’augmentation du taux d’emploi à temps plein était presque entièrement due à des taux d’activité plus élevés, en particulier chez les femmes âgées de 50 à 54 ans.
Dans son analyse, Marie Drolet étudie les différences d’âge de manière approfondie. En effet, les différences de structure familiale, comme le fait que les femmes autochtones ont des enfants plus tôt que les femmes non autochtones, suffiraient à expliquer la plupart des différences.
Éducation. Les femmes du Canada sont plus instruites depuis 2007. Le taux d’obtention d’un baccalauréat ou d’un diplôme supérieur par les femmes autochtones est passé de 10 % en 2017 à 18 % (presque le double) en 2021. Pour les femmes non autochtones, ce même pourcentage est passé de 23 % à 36 %. Comme indiqué ci-dessus, le fait d’être titulaire d’un baccalauréat ou d’un diplôme supérieur se traduit par un taux d’emploi à peu près identique pour les femmes autochtones et les femmes non autochtones.
La principale leçon à tirer de ce résumé et des autres résumés de cette série est que les préoccupations relatives à l’emploi ont très peu évolué chez les personnes autochtones par rapport aux personnes non autochtones. Les progrès réalisés par les femmes autochtones dans le domaine de l’éducation sont l’un des rares exemples de changement positif, important et, espérons-le, durable. Ces progrès dans le domaine de l’éducation ont toutefois commencé bien avant la publication des appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation. En somme, les données sont claires : il n’y a rien qui indique que les PDC ou tout autre organisme au Canada peuvent relâcher leurs efforts visant à soutenir la poursuite de la réconciliation.
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