Lorsque les PDC expliquent aux gens l’importance de trouver un emploi qui correspond à leurs valeurs, à leurs intérêts, à leurs compétences et à leurs autres caractéristiques, est-ce qu’ils le font simplement pour que l’emploi de cette personne soit agréable ou est-ce que d’autres éléments plus importants entrent en jeu? Est-ce vraiment un problème pour les gens de ne pas apprécier leur travail ou leur situation d’emploi? Cette étude indique que le fait d’occuper un emploi que l’on n’apprécie pas et de travailler dans un environnement que l’on n’apprécie pas est associé à de mauvais effets sur la santé. De nombreuses personnes ne sont pas accompagnées par un ou une PDC dans leur recherche d’emploi : certaines se retrouvent avec un travail et/ou un lieu de travail indésirable et ne savent pas comment évoluer vers un travail désirable – voire ne pensent pas que c’est possible.
L’étude suédoise d’Aronsson, Taloyan, Westerland et Östergren, portant sur plus de 11 000 travailleurs et travailleuses, a examiné les relations entre l’insatisfaction envers son travail/lieu de travail et le bien-être (santé physique et bien-être psychologique), ainsi qu’entre le fait de se sentir bloqué et le bien-être.
Environ les 2/3 des personnes interrogées ont indiqué occuper un emploi qui leur plaisait, dans un environnement de travail désirable. (En complément : Selon Eurostat, le pourcentage de travailleur·euses ayant un niveau de satisfaction élevé à l’égard de leur emploi a diminué de façon plus importante en Suède que dans tout autre pays européen entre 2017 et 2021.)
Environ une 1 personnes sur 5 a indiqué que son emploi et son environnement de travail ne lui plaisaient pas. Aronsson et collab. ont nommé cette situation « double blocage », alors que les individus ayant soit un emploi, soit un environnement de travail indésirable se retrouvent en situation de « blocage ». Voici ce que l’équipe de recherche a découvert :
- • Alors que 23 % des personnes interrogées ont indiqué que leur santé n’était pas optimale, ce pourcentage s’élevait à 31 % des travailleur·euses en situation de double blocage.
- En tenant compte des antécédents professionnels et du stress associé au travail, les travailleur·euses vivant un blocage avaient plus de chances de rapporter une santé sous-optimale que les personnes qui ne se trouvaient pas en situation de blocage.
- Des rapports de cotes [1] (RC) ont été calculés pour tous les types de blocage, simples ou double. Voici les résultats des individus en situation de double blocage :
- 1,72 pour une santé sous-optimale (c-à-d. que les travailleurs et travailleuses en situation de double blocage ont 72 % plus de chances d’indiquer une santé sous-optimale).
- 2,17 pour un bien-être psychologique sous-optimal (c-à-d. 117 % plus de chances de signaler un bien-être psychologique sous-optimal comparativement aux personnes qui ne vivent pas un double blocage)
En conclusion, cette étude montre qu’il existe une relation entre le fait de ne pas apprécier son emploi et/ou son milieu de travail et une santé physique et mentale plus faibles, mais elle n’en démontre pas le lien de causalité. Ainsi, les PDC ne devraient pas affirmer en se basant seulement sur cette étude que « le fait d’occuper un emploi non désiré/optimal nuit à la santé physique ». En revanche, les PDC peuvent affirmer sans risque que le fait d’« occuper un emploi non désiré/optimal est associé à une moins bonne santé physique et à un bien-être psychologique plus faible ».
[1] Le rapport de cotes (RC) est « une mesure de l’association entre une exposition et un résultat » (Szumilas, 2010). Lorsque le RC est de 1, l’exposition n’influence pas les probabilités d’un résultat. L’exposition est liée à une plus grande probabilité de voir un résultat se produire lorsque le RC est plus élevé qu’un et à une plus petite probabilité lorsqu’il est inférieur à un. Un RC de 2 signifie qu’il y a une augmentation de 100 % des probabilités d’un résultat en lien avec une exposition donnée. Cela est plus compliqué qu’il n’y paraît. Si cette explication a piqué votre curiosité, jetez un œil au blogue de Clay Smith.
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